Production d’hydrogène : vers l’émergence d’une mobilité décarbonée

Face à l’urgence environnementale, l’heure n’est plus aux tergiversations. L’enjeu : l’émergence d’une filière de production d’hydrogène à base d’énergies renouvelables. A l’occasion des Mois de la Performance Hydrogène, Hyundai a organisé une conférence qui s’est tenue le 15 septembre. Voici ce qu’il fallait retenir !

L’heure de passer à l’action en faveur d’une mobilité plus responsable a sonné. L’impulsion du législateur joue un rôle moteur, amplifié par  la volonté des différents acteurs industriels. Dans le secteur de l’automobile comme de l’énergie, la transformation est engagée. Alors que toutes les métropoles de plus de 150 000 habitants devront à terme intégrer des zones à faibles émissions, les objectifs fixés par la loi peuvent déjà être revus à la hausse. Les pénuries remettent également en cause le calendrier de déploiement des bornes de recharge électrique. Cela concerne les matières premières comme les semi-conducteurs.

Dès lors le gouvernement a fait du développement d’une filière Hydrogène, l’une des priorités du plan France Relance. L’objectif : classer la France parmi les leaders européens de production d’un Hydrogène décarboné. C’est dans ce contexte que s’est tenue, le 15 septembre, la conférence organisée à l’initiative de Hyundai Motor France. A l’occasion des mois de la performance Hydrogène, et en présence de Bertrand Piccard, Président de la Fondation Solar Impulse et de Lionel French Keogh, Président de Hyundai Motor France, différents experts et personnalités ont pu débattre de la réalité de l’hydrogène.

La production d’hydrogène pour réduire les émissions de CO2

Les besoins en termes de mobilité ne cessent de croître. Une réalité qui vaut tant dans nos vies personnelles que professionnelles. La réduction de l’impact environnemental de la mobilité est une urgence dont plus personne ne doute. L’hydrogène, produit à partir de la décombinaison des molécules d’eau, est une réponse éminente à cette urgence. Mais la production d’hydrogène est fortement consommatrice d’énergie. L‘émergence d’une filière de production d’hydrogène décarboné est donc impérative. 

Pour cela, il faut des moyens et des ambitions.

« 7,2 milliards d’euros par l’État sont prévus jusqu’à 2030, ce qui constitue un développement à grande échelle autour d’un grand nombre de grands bassins, de ports, de zones frontalières, de grands axes et même jusqu’à l’aéroport Roissy Charles De Gaulle, a ainsi rappelé Philippe Boucly, Président France Hydrogène.

Autrefois connue sous le nom d’Afhypac, cette association a été rebaptisée en janvier 2021 pour mieux témoigner de ses ambitions pour la décennie à venir.

« Nous sommes entrés dans la décennie de l’hydrogène, affirmait alors Philippe Boucly et nous y entrons aujourd’hui résolument avec le dynamisme qui est le nôtre. À l’image de notre filière et de sa nouvelle dimension d’industrie stratégique, notre association accompagne ces changements avec un nouveau nom et une nouvelle identité visuelle toujours résolument engagée pour la transition écologique. » 

Au-delà de la volonté politique, fédérer les énergies

La force des mesures gouvernementales, c’est leur capacité à donner une impulsion, mais comme l’a souligné Cécilia Fouvry-Renzi, Directrice des activités Hydrogène Énergie pour le cluster Europe du Sud-Ouest chez Air Liquide, « le moment est venu de fédérer le public et les acteurs privés pour promouvoir l’hydrogène. Avec l’urgence climatique à laquelle nous faisons face, nous avons pris des engagements. Il porte sur un investissement de 8 milliards d’euros d’ici 2025 pour développer une filière de l’hydrogène. Sans compter les projets à venir pour développer la mobilité, la production et le stockage ». 

Si le maillage des stations de recharge hydrogène est aujourd’hui insuffisant pour répondre à l’ensemble des besoins, il ne faut pas perdre de vue que l’Europe elle-même s’est saisie de l’enjeu.

« L’Union européenne a fixé l’obligation d’avoir une station à pile à combustible tous les 150 km sur les grands axes routiers du réseau et l’obligation des stations à fournir des carburants alternatifs en électrique, en gaz naturel ou en hydrogène », a tenu à rappeler Cécilia Fouvry-Renzi. 

Des réalités industrielles structurantes

Le programme “Fit for 55” renforce cet engagement européen. Il prévoit 55% de réduction des émissions de CO2 avec des paliers intermédiaires. Un premier palier à -10% par rapport à 2019 à l’horizon 2025 et -30% en 2030. Parmi les dispositions de ce programme, il y a également l’obligation faite aux constructeurs poids lourds d’avoir des minimas de camions électriques dans leur production annuelle. « Moins 15% en 2025, cela signifie pour certains constructeurs, que tous les camions au-dessus de 7 tonnes devront avoir à peu près 8% de leur production annuelle en « Zéro émission ». L’ensemble de l’écosystème se mobilise pour mettre en place cet hydrogène vert », analyse Valérie Bouillon Delporte, Directrice de l’écosystème Hydrogène Michelin, et précédemment présidente de Hydrogen Europe

Si la nécessité de faire émerger une offre autant qu’une filière hydrogène impacte l’ensemble de la chaîne de valeur, Nabil Nachi, Directeur du Département Développement des Véhicules Utilitaires Hydrogène Hyundai Motor Europe Technical Center, a souligné l’importance de créer un écosystème : production d’électricité verte à partir d’énergie hydraulique, acheminement aux stations-services qui approvisionnent les camions et les compagnies logistiques, avec en toile de fond le développement des stations finalement. 

Production d’hydrogène : définir le cap et s’y tenir…

Développement de l’offre, adaptation des infrastructures aux usages… Sans la volonté des industriels dans le développement de l’hydrogène, rien n’est possible.

C’est d’ailleurs le message clé qu’a voulu porter Lionel French Keogh : « beaucoup d’annonces concernant la filière hydrogène ont été faites, tant au niveau européen que français. S’il est important de comprendre que l’hydrogène est une solution d’avenir pour décarboner la mobilité, il est capital de démontrer que c’est aussi une solution d’aujourd’hui ».

C’est pour répondre à cette ambition que Hyundai vient de dévoiler son plan «Hydrogen Vision 2040» qui vise notamment à démocratiser l’hydrogène à l’horizon 2040. « D’ici 2028, la marque entend devenir le premier constructeur automobile à équiper tous ses véhicules industriels de son système de pile à combustible. Nous souhaitons réduire le prix et la taille des piles, avec pour objectif, 700000 piles en 2030 ». Réconcilier vision écologique, industrielle, et économique, une vision pragmatique qui s’incarne dans la stratégie de Hyundai.  

 Pour en apprendre plus sur l’hydrogène :