Solutions de gestion de flottes : des données pour adapter le mix énergétique

Depuis 2007, GAC Technology développe des solutions de gestion de flottes conçues pour optimiser le travail des directions générales, financières, achats et services généraux. GAC Technology dispose d’un large éventail de données qu’ils recueillent avec leurs logiciels de gestion de parc automobile et des infractions ou avec leur application. En complément, ils compilent des datas issues de l’ensemble de la chaîne de valeur (pétroliers, constructeurs, etc.). Autant de renseignements qui permettent de comprendre les usages des collaborateurs, comme des entreprises. Une combinaison d’informations qui permet à Matthieu ECHALIER, Directeur Général de l’entreprise, d’avoir une vision claire des tendances en matière de flottes automobiles, notamment quant à l’état du mix énergétique actuel.

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Matthieu Echalier, Directeur Général de GAC Technology

Grâce à ses solutions de gestion de flottes, GAC Technology a accès à un large spectre de données. En quoi celles-ci jouent-elles un rôle crucial pour les gestionnaires de parc ?

ME : Nous collectons près de 30 millions de données par mois auprès de fournisseurs auxquelles s’ajoutent de l’open data, que nous agrégeons dans le cadre de notre activité. Elles proviennent des utilisateurs de nos logiciels, de constructeurs, de pétroliers ou encore de compagnies d’assurance. Il n’y a pas de problème de sécurité pour nos utilisateurs car les données personnelles sont encryptées et respectent le RGPD. Par ailleurs ces données sont complètes parce que nous sommes agnostiques aux sources de données. En 12 ans d’existence, nous avons réuni plus d’un milliard de données dans nos bases qu’exploitent deux data scientists de GAC Technology afin d’accompagner les utilisateurs de nos programmes dans le décryptage des usages et tendances les plus structurantes.

Quelle vision avez-vous de l’état du mix énergétique dans les flottes des entreprises qui utilisent vos technologies ?

ME : Au-delà des chiffres, il y a ce que je retire des contacts permanents que nous entretenons avec les gestionnaires de parc et les chefs d’entreprise. Le constat est clair, le verdissement des flottes et les questions liées à la fiscalité de la flotte sont les deux préoccupations majeures. Par verdissement, on entend d’abord la réflexion sur les motorisations bien sûr, en envisageant un recul du thermique, mais aussi la mobilité multimodale pour les collaborateurs. Mais ce second enjeu m’apparaît être davantage une posture qu’une ambition réelle. Pour les chiffres, le constat est identique. Sur ces 18 derniers mois, pour les quelque 300 000 véhicules administrés par nos solutions, la part du diesel est passée de 98% à 84%, celle de l’essence de 3 à 10%. L’hybride atteint désormais 2,6% et l’électrique 1,8%. Les lignes de front sont en train de bouger.

Comment jugez-vous la maturité des entreprises par rapport aux enjeux financiers et fiscaux qui s’y rattachent ?

ME : Elle est très variable en fonction du type d’entreprise et du nombre de véhicules qui composent la flotte. Lorsque le parc est modeste, le verdissement de la flotte ne semble pas être une priorité, car la rentabilité peine à être mesurée. D’autant que le manque de visibilité (voire la versatilité) sur la fiscalité des flottes reste un frein qui empêche les entreprises de projeter sur le long terme. Un véhicule entre dans une flotte pour 4 ans en moyenne. Si la fiscalité change en cours de route et remet en cause le budget, c’est un vrai problème ! Les grands comptes en revanche, se sont déjà largement engagés dans de vraies études, construites, précises pour comprendre et analyser les trajets des collaborateurs et envisager des évolutions du mix énergétique de la flotte à chaque fois que c’est possible. Enfin, si je m’en réfère aux chiffres dont nous disposons, il semble que l’État soit relativement exemplaire car, à ce jour 35% de sa flotte, présente dans GAC Car Fleet, a déjà été notamment vers l’électrique.

L’entrée en vigueur de WLTP a pendant longtemps suscité de nombreuses interrogations pour les entreprises. Quel effet réel a-t-il eu sur l’intégration d’énergies alternatives ?

ME : Je ne tirerai pas de conclusion formelle, mais j’observe les chiffres. Depuis l’entrée en vigueur effective de WLTP, selon nos données, les commandes de véhicules diesel sont passées de 75 à 74%. Les motorisations essence ont également reculé de 2 points (de 18 à 16%). Les véhicules hybrides ont progressé sensiblement puisqu’ils sont passés de 0,08% des commandes avant WLTP à 0,36%. Certes, la part en valeur absolue est marginale, mais l’augmentation est non négligeable. Enfin, la part de véhicules électriques s’établit aujourd’hui à 3,7% contre 2,9% précédemment. Ces tendances seront à confirmer d’ici 6 à 12 mois mais la tendance apparaît claire. Si j’observe par exemple la part de Hyundai hybrides dans notre base de données au 1er janvier 2019, elle s’établit à 0%. Aujourd’hui (NDLR : l’entretien a eu lieu le 15 mai), cette part atteint 10%. Une telle progression en 18 mois seulement me semble traduire l’intérêt des gestionnaires de flotte pour l’hybride. Une motorisation perçue comme rassurante pour les utilisateurs et répond à cette phase de transition du mix énergétique des flottes.