LLD : un mix énergétique en évolution

Les flottes d’entreprise adoptent la transition énergétique. C’est l’enseignement à tirer des chiffres récemment publiés par le SesamLLD. Ce dernier révèle que la part des énergies thermiques dans les parcs recule progressivement. Décryptage avec Stéphane Copie, président de la Commission opérations du SesamLLD.

Stéphane Copie, président de la Commission opérations du Sesamlld.

Prise de conscience collective de l’enjeu environnemental, élargissement de l’offre électrifiée, incitations fiscales et réglementaires, les parcs automobiles se transforment. Et la mutation s’accélère ! 

Selon le Flash mensuel du SesamLLD (Syndicat des Entreprises des Services Automobiles en LLD et des Mobilité) qui analyse le marché de la Location Longue Durée, il apparaît qu’en mai 2022, 16% des immatriculations LLD sont réalisées en électrique ou hybride rechargeable, soit près d’un véhicule sur six. 

« Plusieurs facteurs expliquent cette transformation des flottes, mais le plan de relance automobile initié au sortir des premières phases de la pandémie de Covid-19 constitue le point de départ de l’accélération », indique Stéphane Copie, président de la Commission opérations du SesamLLD.

Agissant comme un véritable effet d’aubaine, ce plan a contribué à élargir l’offre de véhicules hybrides et électriques.

« Combiné à des bonus à la conversion et des avantages fiscaux, ce contexte a amené de nombreuses entreprises à saisir l’opportunité de convertir leur flotte ». 

Plan de relance, régulation, entrée en application de WLTP, réglementation CAFE (qui a pris effet en France au 1er janvier 2021 et limite à 95 g au km le taux de CO2 moyen émis par tous les véhicules vendus)… « La multiplication des contraintes liées à la mobilité thermique affectant les constructeurs automobiles et les entreprises ont contribué à aligner les planètes en faveur d’un verdissement accéléré de la mobilité », précise Stéphane Copie.

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Des car policies à repenser

Verdir les flottes tout en maîtrisant le TCO et en répondant aux besoins des collaborateurs, une équation complexe.

« Dans un contexte où toutes les cartes sont rebattues, les logiques traditionnelles de car policy sont malmenées, et les loueurs ont un rôle de conseil majeur à jouer pour accompagner les entreprises ». 

Si l’impact de l’augmentation des prix du carburants est limité pour les flottes de grande envergure, le TCO reste une question centrale. « Le nombre de points de recharge publics est encore trop faible pour rassurer pleinement les utilisateurs et peut amener à de mauvaises surprises sur les prix d’une recharge », continue Stéphane Copie qui rappelle que « la transition vers une mobilité électrique implique un accompagnement rigoureux des collaborateurs, notamment pour répondre à tous leurs usages ».

Transition énergétique : l’heure de la bascule ?

Si tous les signaux semblent au vert pour le verdissement de la mobilité. Stéphane Copie rappelle que la véritable bascule de l’ensemble des flottes n’est pas encore accomplie et porte son regard plus loin.

« Le marché automobile électrique est affecté à la fois par la pénurie de semi-conducteurs, et par un maillage insuffisant du réseau de bornes de recharge ».

Autant de réalités qui amènent certaines entreprises à différer, pour le moment, un renouvellement plus massif de leur parc.

« Si l’engouement pour l’électrique est fort et réel, nous n’avons pas encore atteint le point de bascule. Le plus fort de la transformation du mix énergétique est encore à venir et rend le rôle de conseil des loueurs, comme des constructeurs, toujours plus indispensable pour les gestionnaires de parcs », conclut Stéphane Copie.