LLD : Toujours en phase de croissance !

La Location Longue Durée enregistre, sur le premier trimestre 2018 une croissance comparable à celle qu’elle a connue en 2017. Entre rationalisation des coûts, qualité de service et switch Diesel/Essence, rencontre avec Olivier Monot, Président du SNLVLD (Syndicat national des loueurs de véhicules en longue durée).

Comment qualifieriez-vous la santé du marché de la Location Longue Durée BtoB en ce début d’année 2018 ?

OM : Force est de reconnaître que les acteurs de la LLD ont la chance de travailler sur un secteur dont la croissance est permanente depuis plus de 20 ans. Alors, évidemment, certaines années sont plus positives que d’autres, mais globalement la LLD se porte bien. Il y a encore 4 à 5 ans, la croissance s’établissait en moyenne à 1 ou 2% par an. Mais depuis 2 ans environ, la croissance est plus soutenue. Cela s’explique avant tout par l’important travail d’évangélisation que les loueurs ont effectué, d’abord auprès des grands comptes, puis auprès des TPE/PME aujourd’hui. De plus en plus de petites entreprises, d’artisans se convertissent à la LLD et le potentiel de croissance est encore très important. Au-delà de la pédagogie des loueurs, les entreprises, depuis la crise économique de 2008, ont pris l’habitude de rationaliser leurs coûts. La LLD est naturellement une réponse à cet enjeu. L’ensemble de ces facteurs explique la progression de la LLD sur le marché français.

Connectivité, télémétrie, simplification de la gestion de flotte, quelle est votre vision de la multiplication des services associés à la LLD ?

OM : Vous avez raison, les services se multiplient et je sens poindre derrière votre question l’objection selon laquelle ils seraient trop nombreux. Il est vrai que les loueurs ont su développer un large éventail de services qui permettent de capter de nombreuses informations sur l’usage des flottes. Ces derniers font-ils toujours sens ? Seules les entreprises qui y souscrivent peuvent répondre à cette question. La réalité du marché, c’est celle des gestionnaires de flotte. Ces derniers sont amenés à choisir avec parcimonie et à faire des arbitrages, souvent en fonction de contraintes budgétaires. Dès lors, ils ne souscrivent qu’aux services qui leur sont utiles et dont ils sont en mesure de démontrer le ROI. Si l’économie française renoue avec une croissance forte, je suis convaincu que les entreprises souscriront à davantage de services. L’essentiel, à mon sens, c’est que les loueurs soient en mesure d’être au rendez-vous des attentes de leurs clients.

En quoi le RGPD, qui entre en vigueur dans quelques semaines, risque-t-il selon vous d’affecter les gestionnaires de flotte ?

OM : Le RGPD est une problématique transversale qui dépasse les seules attributions des gestionnaires de flotte ! L’ensemble de la chaîne de valeur (les constructeurs, les loueurs, les banques, les fournisseurs de solutions de gestion de flotte…) sont eux aussi confrontés au RGPD et ils se sont penchés depuis longtemps sur le dossier. Si je devais donner un conseil aux responsables de flotte, ce serait surtout de s’assurer que leurs prestataires et partenaires peuvent justifier de la conformité de leurs solutions au RGPD. C’est véritablement la première des tâches qui leur incombe…

Considérez-vous que la fin annoncée du diesel soit susceptible d’avoir un impact sur le marché de la LLD ?

OM : Je pense qu’il faudrait vraiment en finir avec ce diesel bashing permanent. Les moteurs de dernière génération polluent très peu et je regrette vraiment ce manichéisme qui conduirait à renoncer à ce type de motorisation pour de mauvaises raisons. Certaines entreprises rêvent d’une bascule complète du diesel vers l’essence, mais les réalités économiques les rattrapent rapidement. Les très gros rouleurs, les activités qui ont besoin de véhicules ayant beaucoup de couple, pourront difficilement renoncer au diesel. Les loueurs sont, globalement, encore très sensibles à ces moteurs. Le point de bascule essence/diesel devrait être atteint d’ici la fin de l’année 2018. Mais je pense que la vérité est plutôt dans un mix intelligent entre l’électrique/hybride, l’essence et le diesel. La mission des loueurs consiste à proposer aux entreprises les solutions les mieux adaptées à leurs besoins de mobilité. C’est en ce sens qu’il faut raisonner.