Les secrets du calcul des valeurs résiduelles enfin dévoilés !

Le Groupe Argus définit au quotidien les cotes de tous les véhicules commercialisés en France. Une valeur-pivot reconnue, qui conditionne naturellement les valeurs résiduelles des véhicules qui composent votre flotte. Roberto PESTANA, Expert Valorisation pour le groupe Argus, explique comment sont calculées ces valeurs.

Comment établissez-vous vos valeurs résiduelles ? Quelles sont les différentes variables entrant en considération ?

De nombreux éléments sont susceptibles d’affecter le calcul des valeurs résiduelles des automobiles. La politique commerciale du constructeur, les différents canaux de vente exploités par la marque, la santé économique de l’entreprise, sa capacité à vendre aux particuliers, sont autant d’éléments déterminants. Les volumes de vente des modèles dont nous calculons la valeur résiduelle, mais aussi le positionnement tarifaire initial sont pris en considération. Pour affiner nos évaluations, nous nous fondons également sur l’attractivité de la marque et du modèle, mise en perspective avec l’attractivité du segment. En interne, nous disposons par ailleurs d’outils de suivi des valeurs résiduelles que nous utilisons de manière transverse sur chaque segment. Cela nous permet d’ajuster les valeurs par rapport à l’ensemble d’un marché. Il y a enfin un critère déterminant : l’historique des valeurs résiduelles. Pour nous projeter vers l’avenir et définir des estimations qui font sens, nous mettons en perspective nos estimations passées avec les valeurs constatées sur le terrain. En conservant un œil dans le rétroviseur, nous pouvons garantir la fiabilité de nos calculs pour l’avenir. Il s’agit en fait d’une démarche d’ajustement permanent.

 

La récente actualité concernant notamment la fiscalité du Diesel, a-t-elle un impact sur le calcul des valeurs résiduelles ?

En effet, nos prévisions sont forcément challengées par le contexte. Toutefois, nous avions anticipé que la valeur résiduelle des véhicules à motorisation diesel serait revue à la baisse. Mais le rééquilibrage est déjà amorcé. Grâce à nos méthodes de calcul, avec nos comités d’évaluation internes, nous avons le recul nécessaire pour éviter de réagir à chaud. Comme nous l’avions prévu, la valeur des véhicules diesel ne s’effondre pas, elle s’ajuste à une nouvelle réalité. Notre mission consiste justement à anticiper les tendances pour limiter au maximum la marge d’erreur dans le calcul des valeurs résiduelles…

 

Quelle est votre vision des valeurs résiduelles des marques ‘alternatives’, d’origine asiatique entre autres ?

Je pense que nous assistons aujourd’hui à un profond changement de mentalités. Ces marques disposent désormais d’une meilleure notoriété et l’on ne s’oriente plus vers elles uniquement pour un prix mais pour des caractéristiques, des qualités, clairement identifiées et reconnues. Si l’on considère le cas de Hyundai par exemple, son centre de design est parvenu à imposer un vrai style sur le marché français mais aussi en Europe. C’est le cas par exemple avec le nouveau Hyundai KONA qui possède une véritable signature. Cette évolution aura forcément un impact positif sur le calcul de la valeur résiduelle. Plus l’appétence pour un modèle ou une marque est forte, plus la valeur augmente !