Gestionnaire de flotte vs Mobility Manager : une mutation en douceur

Passer du statut de Fleet Manager à celui de Mobility Manager confère au gestionnaire de flotte des responsabilités et des missions élargies. Plus stratégique, cette fonction émergente inscrit la notion de mobilité au rang des priorités de l’entreprise pour optimiser sa profitabilité.

Les missions d’un gestionnaire de flotte ne se limitent plus dans les faits à la simple organisation de l’entretien des véhicules de l’entreprise ou à la gestion des restitutions en fin de contrat de location. La gestion et l’optimisation des déplacements des collaborateurs sont, depuis le 1er janvier 2018, inscrits dans la loi avec l’obligation de mettre en place un plan de mobilité pour les entreprises de plus de 100 collaborateurs. La conception de ce plan incombe presque naturellement au gestionnaire de flotte, qui voit alors progressivement ses missions évoluer vers une dimension plus large : le métier de Mobility Manager.

Voir plus loin, voir plus grand

Le Mobility Manager ne se contente plus de s’assurer que chaque collaborateur puisse disposer d’un véhicule en bon état pour se rendre d’un point A à un point B. Il érige la mobilité au rang d’axe stratégique pour optimiser l’efficacité des équipes et, indirectement, pour améliorer la rentabilité de l’entreprise. Aujourd’hui, la mobilité est multimodale. Si l’automobile reste le mode de déplacement majeur (au moins culturellement), elle doit être complétée par d’autres dispositifs : autopartage, transports en commun, vélo, marche… Au sein d’un plan de mobilité, le Mobility Manager synthétise l’ensemble des règles qui garantissent aux collaborateurs un accès simplifié aux modes de déplacement alternatifs. Il encourage la mobilité douce en édictant des règles de base, comme par exemple favoriser l’accès au parking de l’entreprise aux collaborateurs résidant à plus de 25 ou 30 kilomètres de leur lieu de travail et inciter ceux qui vivent dans un rayon inférieur à 5 km à avoir recours aux transports en commun, à la marche ou encore au vélo. Mais une telle mesure peut parfois être mal comprise, voire mal vécue. C’est pourquoi en contrepartie, le Mobility Manager pourra, en accord avec les RH et la direction administrative et financière, verser des indemnités kilométriques aux marcheurs et aux cyclistes. Ce simple exemple illustre parfaitement le rôle pivot que celui-ci joue au sein de l’entreprise.

Faire d’une réalité une opportunité de carrière

Les attributions du Mobility Manager le placent dans une dimension supérieure puisqu’il n’est plus seulement le garant du TCO (Total Cost of Ownership) de la flotte mais bien du TCM : Total Cost of Mobility. Ce dernier doit prendre en considération la globalité des coûts de déplacement de ses collaborateurs, depuis les abonnements aux transports en commun, jusqu’à l’entretien d’un vélo en passant par l’achat de billets de train ou d’avion. Agir au quotidien comme un ambassadeur du co-voiturage, inscrire la mobilité sur un axe stratégique, sont autant de missions qui sont propres au Mobility Manager. Le gestionnaire de flotte, de par son profil professionnel, est pour ainsi dire le mieux placé pour prétendre à cette nouvelle fonction. Encore faut-il que le poste soit officiellement créé dans l’entreprise, et avec la rémunération qui s’y rattache.