Verdir sa flotte : les entreprises à la croisée des chemins

Verdir sa flotte d’entreprise et limiter l’impact environnemental des déplacements des collaborateurs. Pour une mobilité moins impactante, les entreprises doivent adopter de nouveaux modes de transport et de nouvelles énergies. Mais la transformation passe aussi par un changement de comportements. Explications avec l’Agence pour la Transition Écologique (ADEME), et l’Arval Mobility Observatory.

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Dédiésélisation des parcs d’entreprise, augmentation de la part des motorisations essence dans les flottes ou adoption de véhicules électrifiés, « au-delà des interprétations de la notion de verdissement, les lignes de front évoluent », constate François PIOT, Président de l’Arval Mobility Observatory. Selon les derniers chiffres de l’AMO, il apparaît que la part des motorisations électriques dans les flotte de véhicules à enregistré une croissance de 42,94% en 2020, avec 29 782 immatriculations VUL et VP confondus. « Sur l’hybride et l’hybride rechargeable, l’augmentation atteint 94% avec 72 382 unités VUL et VP confondus également. Les faits sont indubitables, la mobilité électrique progresse ».

Plusieurs phénomènes sont susceptibles d’expliquer cette tendance au verdissement des flottes d’entreprise. L’urgence à agir pour préserver l’environnement est communément admise mais elle n’est pas le seul facteur expliquant cette transformation.

« L’arrivée du Règlement No 443/2009 du Parlement Européen, qui amène les constructeurs à réduire des émissions de CO2 des véhicules neufs à 95g de CO2/km, a contribué à l’élargissement des gammes électriques et hybrides rechargeables ; il y a également eu un effet “couperet” pour 2020 avec une accélération de la mise à disposition des offres », observe Jérémie Almosni, Chef de service Transports et Mobilités pour l’ADEME.

2021 : l’année du verdissement de la mobilité ?

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C’est la conviction de François Piot : « la crise sanitaire a mis en évidence des sources de progrès sur le planenvironnemental, ne serait-ce que par la possibilité d’exercer en télétravail ». Mais l’absence de déplacements n’est pas l’unique voie à explorer. « L’enjeu, c’est l’adoption d’une mobilité intelligente, rationalisée, plus encore que la transformation des flottes d’entreprises elles-mêmes ».

Une opinion partagée par Jérémie Almosni, qui rappelle « que de nombreux dispositifs d’accompagnement sont déployés aujourd’hui à l’attention des entreprises ». Dispositifs fiscaux notamment avec le « forfait mobilités durables », entré en application depuis le début de l’année pour le recours à des transports plus propres. Les collaborateurs peuvent désormais bénéficier de la prise en charge par leur employeur des frais de transports personnels entre le domicile et le lieu de travail jusqu’à 500 € par an.

« Tout concourt à une mobilité plus responsable, confirme François PIOT. Le fait que la recharge électrique ne soit pas considérée comme un avantage en nature ou encore l’abattement de 1 500€ sur la mise à disposition d’un salarié d’un véhicule électrique par son entreprise, sont autant de facteurs déterminants ».

Verdir sa flotte, accélérer la transformation

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Si le changement est amorcé dans les esprits, si la pratique des entreprises évolue vers une mobilité plus responsable, comment accélérer la transformation ?

Pour l’ADEME, « la question de l’accessibilité des bornes de recharge est centrale. Elle ne se limite pas à la densification des réseaux mais s’étend à la pertinence de leur implantation ».

La plan de relance économique va, selon toute vraisemblance, contribuer à la densification du maillage. « Il ne faudrait pas commettre les mêmes erreurs qu’avec le GPL, insiste François PIOT. La multiplication des bornes de recharge rapides sera l’une des réponses à l’accélération du verdissement des parcs ».

L’accompagnement des TPE et PME à l’adoption d’une mobilité plus responsable est un levier complémentaire. L’ADEME y contribue en proposant des aides spécifiques à l’acquisition de véhicules électrifiés et en misant sur la pédagogie.

« Au-delà des motorisations, verdir sa flotte s’accompagne d’un changement de comportements », précise Jérémie Almosni.

Éviter les déplacements superflus, opter pour le moyen de transport le mieux adapté, optimiser les flux de déplacements, c’est l’esprit qui anime par exemple le programme Mobilipro de l’ADEME. « Nous relèverons le défi du verdissement en trouvant le meilleur équilibre entre volonté des entreprises, mesures incitatives et contraintes réglementaires », conclut Jérémie Almosni.