COVID-19 & Mobilité d’entreprise : quel impact pour l’électrique ?

Au mois de mars dernier, l’Arval Mobility Observatory a dû se résoudre à annuler une rencontre organisée pour répondre à une question clé : le véhicule électrique est-il si vertueux ? Une pandémie planétaire et deux mois de confinement plus tard, nous avons demandé à François Piot, Président de l’Arval Mobility Observatory, de décrypter les chiffres les plus récents.

« Alors que nous avons traversé un événement sanitaire parfaitement inédit, il apparaît que les cartes de la mobilité sont intégralement rebattues », observe François Piot. Dans la dernière édition du Baromètre des flottes CSA-Arval Mobility Observatory, 23% des gestionnaires de flotte pensaient que leur parc allait se développer (contre 22% en 2019). « Les responsables de flotte anticipaient sur une économie relativement dynamique et une mobilité des collaborateurs qui allait croissante », précise François Piot. D’ailleurs lorsque l’on demandait aux gestionnaires de parc quelles solutions de mobilité ils envisageaient prioritairement, 56% d’entre eux évoquaient l’autopartage, 62% le co-voiturage, et 59% le télétravail. « Il est évident que ces chiffres ont dû évoluer, observe François Piot, “ et il est probable que les craintes par rapport à la propagation du virus risquent de mettre un coup de frein, au moins temporairement, aux solutions de car sharing et même à la location courte durée ».

Motorisation électrique : une place de choix dans les car policies

Année après année, l’appétence des gestionnaires de parc pour les véhicules électriques croît considérablement. « En 2017, ils étaient 17% à envisager l’électrique, rappelle François Piot, en 2019, ce chiffre atteignait 34%. Le Baromètre 2020 faisait état de 54%. Plus personne ne doute de la pertinence de l’électrique au sein des flottes d’entreprise ». La maturité des décideurs par rapport à cet enjeu a donc fortement évolué. La crise sanitaire et les perturbations économiques qui en découlent, amèneront les gestionnaires de flotte à repenser leurs plans. Toutefois, selon François Piot, les véhicules électriques continueront sur le temps long, à gagner du terrain. « Et ce pour des raisons autant économiques, qu’environnementales, mais aussi liées à l’évolution des législations ou au profit de la réputation de l’entreprise », analyse François Piot.

L’adoption du véhicule électrique : une phase de transition

Si des incertitudes planaient encore au sujet de l’intégration des véhicules électriques au sein des flottes avant l’épisode du Covid 19, elles sont encore bien présentes aujourd’hui. « Comme pour toutes les phases de transition, nous assistons à une espèce de schizophrénie, observe François Piot. Nous avons tous conscience de ce qu’il faut faire pour répondre aux enjeux, mais on se contente bien souvent de composer avec ce que l’on sait faire ». En d’autres termes, les gestionnaires de flotte mesurent les atouts de la motorisation électrique, mais il reste difficile de passer outre les freins. Les inquiétudes sur l’autonomie, la densité du réseau de bornes de recharge ou la durée de vie des batteries persistent. « Si l’autonomie progresse, il est essentiel que les énergéticiens et les pouvoirs publics s’impliquent davantage en faveur de l’électrique », conclut François Piot. Selon l’association AVERE France, il s’agira de s’engager de manière active pour relancer le marché du véhicule électrique. L’association a d’ailleurs récemment adressé au gouvernement une quarantaine de propositions en ce sens. Mais, derrière le COVID-19, bien d’autres mutations pourraient bien émerger et pas seulement sur la place des véhicules électriques dans les flottes. C’est bien toute la mobilité d’entreprise qui pourrait se trouver affectée par la nécessité de se déplacer autrement pour limiter la propagation du virus.